Je suis faible. 
J'ai fini par le faire, ma curiosité me perdra. De quoi je parle? Facebook. À force de recevoir des invitations, que jusque là je rejetais invariablement, j'ai fini par avoir envie de voir ce qui s'y passait. Et je me suis inscrite (bon, sous pseudo, car je n'ai pas entendu que des choses très claires sur leur politique de traitement des infos personelles).
Bon. Voilà. On verra ce que ça donne.
Pour vous faire sourire, voici une chronique de François Taillandier parue dans L'Humanité il y a quelques temps:
À part ça, mon oeil va bien, n'est plus douloureux, je n'ai plus qu'à attendre que la vue s'affine. M'enfin j'ai pu faire un petit dessin pour passer le temps"FESSE-BOUC
Alors maintenant, tout le monde est sur fesse-bouc. Les parents y rejoignent leurs ados, le patron ses salariés, le prof ses élèves, le curé ses pénitentes, le meunier son fils et l'âne. L'individu contemporain que philosophes et sociologues nous disent épris d'autonomie et de liberté, est libre de faire comme tout le monde et d'aller se mettre tout nu dans le même bain. Ah, m'objecte-t-on, mais tu ne donnes que les informations que tu veux ! Ça alors ! Il ne manquerait plus que d'être obligé.
J'ai voulu aller voir comment ça se présentait. Le problème, c'est que pour voir, juste pour voir, il faut d'abord et déjà s'être inscrit. Et moi je n'aime guère ce système de portes qui se referment derrière moi. « Mais c'est pas grave ! » me jure-t-on. Fesse-bouc, en effet, est recruteur. Chaque affilié devient prosélyte. Déjà deux personnes m'ont fait savoir que je comptais au nombre de leurs « amis » sur fesse-bouc. Ça se présente comment, être ami de quelqu'un sur fesse-bouc, quand on n'y est pas soi-même ?
Mystère.
En tout cas, ça semble marcher. Les gens, sur fesse-bouc, ils ont 357 amis. Ça leur prend des heures. Le fait est que j'en ai moins que ça, moi des amis. Et je n'ai déjà pas assez de temps pour eux. Depuis combien de semaines je n'ai pas rappelé Marc, Clémence ou Jean-Pierre ? Alors, si j'en avais 357 !... D'ailleurs, je n'ai aucune envie particulière d'être l'ami d'un tas de gens que je ne connais pas. On n'a pas gardé les cochons ensemble, après tout. Ni fessé le bouc.
Je connais aussi des gens qui sont des contestataires du monde tel qu'il est (disent-ils). Ils dénoncent les banques, le capitalisme, le règne de la marchandise, la mondialisation, la télé, le système policier Edvige. Ce sont des guérilleros urbains. Des rebelles. Ils dénoncent même le collectivisme et le totalitarisme. Ils ont tous lu La Ferme des animaux (disent-ils). Eh bien, ils sont tous sur fesse-bouc. Là, ils obéissent, ces irréductibles. Sans se poser de questions. Et sans se demander à quoi. (La soumission à la technique est la première donnée sociale. C'est pourquoi on préfère le taire.)
Au reste, il y a cinquante-trois ans, je me suis déjà inscrit sur un autre site, qui s'appelait la vraie vie. Là aussi, on me jurait que c'était gratuit, que c'était facile, qu'on allait me montrer, que j'aurais plein d'amis, etc. Je me suis laissé tenter. Je dois dire que depuis, ça m'occupe pas mal. Mes jours, mes nuits. Alors je crois que je n'ai pas vraiment le temps d'aller sur fesse-bouc.

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Commentaires
Bon courage Aquilegia.
Sinon ton dessin n'est-il pas un peu étrange...flou!
A+
Héhé, flou mon dessin?
Faut dire que j'y vois pas super net...
Le prochain sera plus clair! ^_^