Aujourd'hui, je viens de recevoir un magazine, intulé "wellness et santé", offert par la pharmacie de Moudon, qui fait partie du réseau "salvéo".
En édito : le rédac-chef raconte ses malheurs de maux d'intestin, et son déplaisir d'avoir été gardé deux jours à l'hôpital pour des examens. "Je ne suis pas un cobaye" tonne-t-il. Fort bien.
Mais là où je ne comprends pas, c'est quand je tombe sur deux articles (deux dans le même magazine, faut le faire), faisant le premier l'apologie de l'homéopathie, avec une interview d'une Boiron, et le second celle des fleurs de Bach.
Ces deux méthodes ont au moins le mérite de certains points communs : celui d'être anti-scientifiques (dans le sens où elles reposent sur des concepts ridicules jamais testés), de n'avoir jamais réussi à prouver qu'elles avaient davantage d'effet que les placebos, de permettre à leurs pratiquants de faire un max de blé sur le dos de pauvres crédules.
Donc, j'observe une pensée tout à fait représsentative d'un courant général : une méfiance de la médecine, qui, pourtant, elle, sauve des vies, et de plus en plus grâce à des découvertes réelles et une compréhension du vivant toujours plus approfondie, couplée d'une sorte d'adoration béate devant des méthodes qui n'ont pas évolué d'un iota en deux siècles, ne sont basées que sur une sorte d'ésotérisme à la Harry Potter, et n'ont jamais réussi qu'à prouver une efficacité de placebo. Le tout assortié d'un sens critique réduit à l'angström.

De la part de gens non issus du milieu médical, c'est déjà pas rassurant (Monsieur Toutlemonde est trop souvent convaincu de pouvoir tester à lui tout seul l'effet d'un médicament - "Mais si, ça marche, j'ai essayé!" - contre toute logique, conséquence d'un refus de comprendre à quoi sert le test en double aveugle, qu'il ne peut par définition pas réaliser seul). De la part de pharmaciens, c'est carrément flippant. On pourrait attendre des professionnels de la santé qu'ils ne se permettent pas une telle désinformation par simple appat du gain...