Quand ça veut pas, ça veut pas.
Décidément, mes mouches m'en font voir de toutes les couleurs. Mes tests sur la consanguinité, au mois de mai, avaient donné des résultats mitigés. Intéressants, dans le sens où il n'y avait pas de différence entre les consanguines et les autres, mais les mouches avaient quand même montré des capactités d'apprentissage très limitées... Trop, en fait, pour que les résultats soient vraiment exploitables.
Une seule explication aurait tout sauvé : que ces mouches aient vraiment des difficultés d'apprentissage innées. Du coup, je les ai comparées à une autre souche, réputée pour ses bonnes capacités.
Hier, j'ai cru voir le bout du tunnel. La comparaison était claire : mes mouches avaient vraiment de mauvaises capacités d'apprentissage, comparées aux autres. Youpi! Les résultats de l'expérience sur la consanguinité étaient cohérents, on allait pouvoir en faire quelque chose (probabilité de se tromper : 7%).
Aujourd'hui, je refais le test, car on ne considère pas qu'une différence est "réelle" si la probabilté de se tromper n'est pas inférieure à 5%. Résultat : le contraire d'hier. Mes mouches cartonnent et les mouches témoins ont un score ridicule. Pourquoi diable ne répondent-elles pas deux fois de la même manière quand je leur pose deux fois la même question?
Il y a un dicton en biologie du comportement, qui dit que quand on met un animal dans des conditions très strictement contrôlées de température, d'humidité, de nourriture, pour lui poser une question sur son comportement, l'animal répond... ce qu'il lui plaît.
Au final, c'est flippant. J'aurais pu choisir de ne pas refaire le test aujourd'hui, et estimer qu'avoir répété l'expérience sur 7 échantillons était "suffisant", et déduire que mes mouches avaient vraiment une tendance à avoir une mauvaise mémoire. Qu'est-ce que cela aurait représenté de la réalité? Pour ce que j'en sais aujourd'hui, rien.
Les scientifiques passent leur temps à jongler entre des "risques de se tromper", que ce soit dans un sens (voir un effet qui n'existe pas), ou dans l'autre (ne pas voir un effet qui existe). Comment passer outre? Faire et refaire les mêmes expériences, pour voir si obtient la même chose, jusqu'à ce que les statistiques disent que les probabilités d'erreur sont vraiment faibles (on est contents en dessous de 0.1%). Mais il ya toujours une probabilité d'erreur, de tomber sur un résultat anormal même pour une expérience "répétable".
Est-ce que mes mouches ont vraiment des capacités d'apprentissages "normales"? Combien de fois vais-je devoir refaire le test avec les mouches témoins avant d'être sûre d'avoir une réponse qui corresponde à la réalité? Le serais-je jamais?
mercredi, 9 juillet 2008
Commentaires
T'avais qu'à faire de la paléontologie...
Au moins, les bestioles qui sont étudiées ne bougent plus