Ce matin, dans le métro lausannois, je parcourais distraitement le torchon journalistique qui envahit allègrement les transports publics suisses, le "20 minutes", quand un article retint particulièrement mon attention. Il est intulé : "Ils copient un jeu vidéo. Leur soeur en meurt."
Mince. C'est vraiment pas bien de copier des jeux, si on peut en mourir. "The Ring" serait-il devenu une réalité? Bon, ne voyant pas très bien comment une copie pouvait tuer, je lis l'article. Les adolescents de 16 et 17 ans ont joué à un jeu de combat, et on semble-t-il reproduit les coups et prises sur leur petite soeur. C'est déjà un peu plus clair, même si c'est très inquiétant quant à leur santé mentale... Quel abruti peut faire ça sans se douter des conséquences? Personne ne s'étonne que l'on suspecte des jeux vidéos de ravager les cerveaux à ce point? C'est peut-être les sur estimer un peu quand même...
Continuons la lecture. Ils étaient "probablement ivres" indique l'auteur de l'article.
Eh bien voilà... C'est plus clair. Ce n'est peut-être pas le jeu ni la copie de jeu qui ont tué la gamine, tous comptes faits. Reprenons la lecture. "Ils vont être condamnés comme des adultes". Quoi? Alors qu'il a été prouvé que les jeunes de moins de 21 ans n'avaient pas un cerveau achevé comme celui d'un adulte, et que par conséquent leur responsabilité juridique ne pouvait être la même que celle d'un adulte? A quoi servent les tribunaux pour mineurs? A faire joli?

Bref, cet article aurait à mon avis dû être intitulé : "Ils se bourrent la gueule comme des porcs. Leur soeur en meurt." ou "Aux États-Unis, les enfants sont condamnés comme des adultes". Mais non, le journaliste a préféré le tourner de manière à ce que les lecteurs pensent : "Les jeux vidéos c'est le mal" .
On préfère penser que les jeux vidéos ont un pouvoir démesuré, plutôt que d'altérer l'image de l'alcool. Personne ne s'étonne que l'on accuse les jeux vidéos de ravager les cerveaux, ni que des gosses puissent trouver fun de se bourrer la gueule et se rendre minables quand leurs parents sont partis.
Ça renforce mon opinion : "le matin bleu" et "20 minutes" sont non seulement des torchons journalistiques mais des fléaux de désinformation.